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le laboratoire de recherches artistiques - Page 3

  • partir....

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    train de nuit en gare d'Hanoï...

    ...revoir les rues d'Hanoï, même sous la pluie, même sous la grisaille... ça va nous changer de la grisaille de la campagne française...

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    refaire le tour du lac Hoan kiem...(très romantique! )

    ...nous partons la semaine prochaine ....

    visiter Haïphong, le delta du fleuve rouge, descendre vers Vinh puis Danang et filer en avion à Dalat pour retrouver Tien et sa famille ...

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  • dans le nord du Vietnam...

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    dans le nord du Vietnam, près de la frontière avec la Chine, dans la province de Lao Caï ...la vie quotidienne...

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    Photographies de Patricia Juvancy

     

     

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  • fabrication des mystères...

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    les nuages s'accumulent

    le ciel apparait, disparait...

    lever le regard vers le ciel...

    mystiques mystères

    et faux ministères

    de la pureté de l'air...

    mettez m'en trois stères !!

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     pourquoi tant de nuages?

    la plupart du temps, quand je travaille, quand je me déplace, surtout en voiture, je regarde toujours le ciel..même que ça en devient dangereux, en voiture...l'humanité désormais connectée a le nez collé sur les écrans, c'est normal ! et en plus, elle communique dans tous les sens et là non plus je n'ai rien à redire, mais tout ce temps passé sans la possibilité de s'abstraire de notre monde moderne ne me convient pas trop ...

    un peu de mystère nom d'un chien!

    et pour moi l'observation des nuages et de leurs mystérieuses évolutions est une activité passionnante ...je voudrais tous les photographier, évidemment mais ce n'est pas raisonnable ...

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  • nuageries...ou l'inutile a de l'avenir ....

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    cartographie céleste

     

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    pour moi, le désordre est une chance et si "l'atelier c'est le monde" comme je le proclame si souvent, il ne faut surtout pas ranger l'atelier... de peur de se priver d'associations d'idées, de hasards et de créativité(s) permanente(s)...

    pour s'en convaincre il suffit de perdre son temps à observer les nuages : liberté suprême...  penser à Robert Filliou et à son principe d'équivalence qui pour moi, est une avancée réelle dans l'expression artistique ...

    bien fait, mal fait, pas fait, sont dans un bateau : personne ne tombe à l'eau ... allez ! encore un nuage ...

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  • moneyless et la géometrie....

    je me suis intéressé à ce créateur après avoir lu un article dans "graffitti art magazine" http://www.graffitiartmagazine.com/index.php?post/Graffiti-Art-22%3A-en-kiosques

    pour voir ses créations et surtout ses installations vous pouvez aller sur:

    http://www.moneyless.it/

     

    voici une de ses œuvres :il travaille avec très peu de moyens (d'où son pseudo...).

    On peut penser à la fois à du land art et à une "continuation" des oeuvres minimalistes des années 70/80...

     

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    une autre image/œuvre de Moneyless où, si on l'observe un peu en détail, on peut voir et comprendre sa façon de faire et par là même sa façon de penser....

     

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  • l'équilibriste

    comment obtenir d'un caillou qu'il ne roule pas sous les pieds de l'équilibriste surtout si cette pierre est ronde ? Peut être en faisant confiance à l'imaginaire de chacun d'entre nous.

    Construire un monde imaginaire c'est souvent essayer d'entrevoir une lumière en regardant par le trou de serrure de sa propre personnalité, de sa personnalité propre, la sienne, bien pliée, bien repassée au fond de l'armoire des rêves.

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    l'équilibriste (le 28 septembre 2014)

     

     

     

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    les rêves, où celui qui patauge dans l'irréel rit de bon cœur, les matins remplis de ces voyages dans la nuit, sans pour autant aller jusqu'au bout de cette nuit, celle de Céline bien sur...

    il vaut mieux invoquer les dieux de l'oubli et laisser l'humanité divaguer dans ses thèmes et systèmes un peu fous. Il vaut mieux créer de l'inutile, du "qui sert à rien" et regarder les nuages ...

    et hop là ! 

    une petite cabriole, un salut au public et le petit théâtre de guignol disparait doucement dans le jour qui se lève...

     

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    justement là, sur cette image, le jour se lève sur l'himalaya... vers 5 heures du matin ( mais le temps se décale si vite que cela ne veut plus rien dire...) 

    ...dans l'avion qui nous mène à Saïgon, vers ce pays que nous aimons tant...

    parfois je joue à l'équilibriste et dans mes rêves animés je roule à moto encore et encore à travers les champs de café, de poivre, d’ananas et de passiflores...

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  • s'il est difficile d'être juste, il est préférable d'être seul(s) au bout de tous les mondes...

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    Nous devions emprunter un raccourci, sensé nous mener à une petite localité où nous aurions passé la nuit ...mais dans cette région du sud Vietnam, il y a eu beaucoup de travaux ces derniers temps, en particulier la construction de barrages hydro-électriques...

    En fait, la route s’arrêtait là, à ce qui restait de ce village dont une partie avait été noyée pour produire du courant électrique ...

    Avec Patricia, on se souviendra longtemps de la tête de Tien, notre ami qui n’arrêtait pas de dire : "il y a dix ans, ici, il y avait une route... on pouvait passer je vous jure ! etc...etc..."

    ce n'était pas bien grave... au contraire même cela nous a permis de constater une fois de plus les capacité d'adaptation du peuple Vietnamien...

     

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    ce qui restait de ce village en partie enseveli sous les eaux était devenu un village de pécheurs...des vietnamiens originaires du delta du Mékong étaient venu s'installer là...

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    c'était vraiment le village au bout du monde ...après avoir discuté avec les habitants, nous avons repris les motos et fait demi tour ...

    je publie ici une photo de Tien en pleine discussion avec un jeune Vietnamien ...la joie de vivre et les relations simples, c'est cela le Vietnam ...en dehors des grandes villes bien sur...

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    de l'autre coté du barrage...nous avons mis un certain temps pour passer de l'autre coté ...le temps est différent...

     

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     c'est la pause au pied du barrage ...à noter le regard bienveillant de Tien envers Hoang, son neveu qu'il considère un peu comme son fils...

     

    photo "classique" d'un chargement sur une petite moto...sur les hauts plateaux entre Dalat et Gia nghia...

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                                                                       photographies de Patricia Juvancy

     

    ce pays est "revitalisant" ...c'est le moins qu'on puisse dire!

    quand nous rentrons en Europe, nous éprouvons toujours le même sentiment: notre pays est si triste et nos concitoyens si grincheux qu'on a évidemment envie de retourner là bas le plus vite possible ...

    je ne suis peut être pas très juste envers mon pays et c'est peut être le mirage de l'exotisme qui me fait parler ainsi...c'est possible ...mais quand je vois tous les efforts qu'il faut faire ici pour essayer de maintenir des relations humaines "acceptables"...je crois que finalement il vaudrait mieux aller vivre au bout du monde ...la langue peut être une barrière mais aussi une protection contre la platitude qui doit bien exister au Vietnam comme ici, comme partout ....

    seuls au bout du monde, nous nous sommes dit souvent que notre solitude était due à la langue et à notre statut d'étrangers mais ici notre solitude est bien pire puisque nous sommes "français de souche" et que nous parlons correctement la langue...

    mon pays va mal ...mais à vrai dire je ne me souviens pas, depuis mon enfance, d'un moment où les habitants de ce pays aient été satisfaits ...

    Ici, aucun rire ne fuse ...dés qu'on exprime l'intention de faire quelque chose d'original, des "boucliers " se lèvent hardiment...

    En Asie, tout du moins au Vietnam, par exemple dans la circulation routière quotidienne, très impressionnante, on voit bien la différence de mentalité: dans tout ce flot de scooters, de motos, de bagnoles, de bus et de camions si quelqu'un te passe devant ou te "grille" la priorité ça ne provoque pas un drame l'autre s’arrête et te laisse passer ...

    il y a des accidents bien sur et tout n'est pas rose mais malgré tout les gens sont moins agressifs ...

    quand tu es piéton il n'y a qu'une solution pour traverser les grandes artères dans les villes : tu avances toujours à la même allure sans courir et en évaluant la vitesse du flot qui arrive vers toi ...si tu conserves la même allure et surtout la même logique : avancer quand même... tu traverseras sans encombre...

     

    tout ça pour dire qu'en ce moment, la vie "ici" me parait difficile et je crois tout bêtement que nous nous la rendons difficile ...et que l'on ne me dise pas que le Vietnam est un pays sous développé ...ça ne fonctionne plus ces raisonnements vus de si loin, vus de nos pays sclérosés par l'ennui et la fausse modernité..!

    le Vietnam est en train de devenir un pays développé et nous nous sommes en train de ne rien devenir du tout ...si ce n'est un pays pleins de frustrations et d'intolérances ...

    pour moi, là, aujourd'hui, il est préférable d’être seul(s) à l'autre bout du monde que de voir mon pays devenir ...vieux et craintif ...

    mais bon ! ce que je pense... tout le monde s'en fout depuis toujours ...et après tout c'est bien normal ...

     

     

     

     

     

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  • Filliou et Beuys, figures tutéllaires de l'ART,quand nous en serons à créer sans être pour cela des artistes...

     drôle de titre pour une idée très simple...!

     

    En fait, j'insiste un peu sur les développements possibles des idées de Robert Filliou et de Joseph Beuys...

     

    En 1970, Robert Filliou publie un livre, « Teaching and Learning as Performing Arts », dans lequel sa conception de l’art s’élargit à une vision globale de la société, inspirée de Charles Fourier.

    Rejetant les idées d’admiration et de spécialisation qui sont pour lui responsables de l’aliénation de la société capitaliste, R. Filliou distingue une « économie de la prostitution », reposant sur la quête du pouvoir, d’une « économie poétique » chargée d’instaurer un nouveau système de valeurs plus propice à l’épanouissement de l’homme.

    Son objectif, comme celui de J. Beuys qui se situe de ce point de vue aussi dans la lignée de Fluxus, est que chaque individu prenne conscience qu’il est un artiste – ce qui ne signifie pas qu’il produise nécessairement des œuvres d’art au sens strict du terme – mais qu’il puisse affirmer son génie dans le cadre de n’importe quelle activité, elle-même élevée au rang de l’art.

    Ce postulat est assez simple, mais point simpliste ...peut être faut il revenir à une posture intellectuelle plus simple et surtout reliée à la terre...

    et puis il y a l'envie de partir "au bout du monde au pays de lumière, sur cette route qui fait le tour de la terre..." je cite de mémoire Gérard Manset...

     

    en attendant, voici une petite photo des tours Chams de Po Naghar dans le sud du Vietnam c'est un des endroits les mieux conservés de la culture Cham ...du royaume de Champa...

     

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  • deux très vieilles sculptures ....en bois

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    deux Bouddhas en bois, l'un datant du 6ème siècle, l'autre du 4ème siècle ....ils sont issus de la culture oc eo ...

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    Situés dans le district de Thoai Son, province d’An Giang (Sud du Vietnam), les vestiges d’Oc Eo-Ba Thé sont liés au royaume du Phe Nam.

    Oc Eo est un site de 450 ha au sein duquel les archéologues et historiens ont découvert des statues, des boucles d’oreilles, des anneaux, des objets en bronze... de la culture d’Oc Eo.

    Oc Eo est une ancienne culture ayant connu un fort développement durant les dix premiers siècles de notre ère dans le delta du Mékong. Redécouverte il y a près de 70 ans, la connaissance de cette culture est de plus en plus approfondie grâce aux nombreuses recherches effectuées.

    http://english.vietnamnet.vn/fms/vietnam-in-photos/104257/buddhist-treasures-of-vietnam-in-pictures.html

     

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    Ces photos ont été prises au musée national d'histoire d'Hanoï, pour ceux qui connaissent un peu cette ville, le musée est situé près du lac Hoan Kiem ...le fameux lac autour duquel les Vietnamiens, très romantiques, aiment se promener...

    Lors de notre dernier voyage au Vietnam, nous sommes allés voir les sculptures de la civilisation Cham conservées au musée d'Hanoï (très belle collection d’œuvres en pierre, il y a aussi un petit musée à Quy Nonh très intéressant...)

    un petit peu plus loin, dans une salle attenante, mon regard a été attiré par des sculptures visiblement en bois...

    quand j'ai aperçu ces grandes statues de bois dans leurs vitrines ça m'a fait battre le cœur...4ème et 6ème siècle !!

    nous n'avons pas l'habitude de voir des bois si vieux et surtout en si bon état ...

    l'esprit de la sculpture est là ...

    il est évident que je n’accéderai jamais à la sagesse, mais quand je pense à ces sculpteurs et à cette époque, il y a quelque chose qui se passe en moi...

    en Europe, nous n'avions même pas commencé à construire nos églises romanes qui nous paraissent pourtant venir de si loin dans le temps ...

    je me dis souvent que je me suis trompé de siècle, de lieu, de temps, en naissant au 20 ème siècle, en Europe, dans une société basée sur l'individualisme et le consumérisme.

    D'ailleurs, René Huygues en parle déjà en 1953 dans une conférence sur Van Gogh. Pour lui, cette "crise" de l'individualisme des artistes se développe surtout après le 16 ème siècle. Au moyen age il venait rarement à l'esprit des artistes de signer leurs œuvres...ils travaillaient ensemble à une œuvre commune, bien sur l'esprit de cette œuvre était avant tout religieux ...

    je ne suis pas croyant et je ne pense pas changer d'idée sur ce sujet et le peu que j'ai réalisé en sculpture a été profondément marqué par l'art du 20 eme siècle, mais si "chaque homme est un artiste" comme le disait Beuys, chaque artiste est aujourd'hui pris dans un esprit de compétition redoutable, c'est même parfois la seule réussite tolérée par la société actuelle: créer avant tout des événements qui puissent "spectulariser" de plus en plus l'action artistique.

    Si l'oeuvre n'est pas relayée par le système capitaliste et mercantile, elle perd sa propre existence, du moins elle végète dans un anonymat redoutable ...c'est un peu un cercle vicieux: si l’œuvre n'est pas reconnue, elle n'est donc pas intéressante...

    il y a une autre question qui me vient souvent à l'esprit:

    pourquoi avoir besoin de sacraliser une œuvre par sa cote dans le milieu de la haute finance ou par son coefficient de pénétration dans l'univers du business à outrance...?

    je choisis le mot : "pénétration" à dessein...

     

    petite récréation: je viens d'apprendre ce matin que les revenus de deux artistes comiques pour la réalisation d'une publicité d'une grosse boite d'assurances est de l'ordre de 900 000 euros par an ...

    monsieur Mat et monsieur Mut peuvent se frotter les mains ...

    Ce sont des artistes travaillant comme acteurs, comédiens, mais surtout ils incarnent le rire populaire, du moins c'est ce qu'on essaie de nous faire croire (je me demande bien qui peut encore rire de leurs blagues même au trente sixième degré ...?)

    il y a quand même quelque chose de pourri dans le "vrai" monde des "vrais" artistes ...

    c'est pour cela que je ne me suis jamais senti à l'aise en exposant de ci de là (cahin caha...)

    et j'ai de plus en plus de mal à me revendiquer artiste ...

    ...juste un laborantin pirouettant dans l'expérimental, qui pour ne pas s'ennuyer dans la vie crée des "trucs" qui ne servent à rien ...

     

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    Ruine...2012

     

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  • en vue de la vraie vie....

     

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    "en vue de la vraie vie... "  (action photographique et point de vue privilégié)

     

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                     œuvre réalisée en 2004  (deux images associées)

     

     

    Le silence est souvent préférable il est la réponse la plus sage aux actions humaines ...

    je dirai simplement: les oiseaux chantent le matin, à l'heure de tous les possibles...après tout ils peuvent faire le tour du monde dans le froid, le vent et le vaste monde si dangereux...

    je préfère discuter avec un arbre, une pierre, des petits animaux fugaces...certains insectes, pas tous...j'ai encore quelques efforts à faire, mais ça viendra ...

     

    reste l'exercice de "la sculpture", sans lequel je n'arriverai point à vivre...

     

    voici ce que disait Joseph Beuys à propos de la sculpture:

     

     

    "Les forces qui sont à l’œuvre dans la sculpture sont celles qui sont à l’œuvre dans l'homme. Toujours en prenant comme critère les énergies présentes dans les matériaux et dans leur forme, je constate que les énergies indéterminées sont celles qui existent dans la volonté de l'homme, que les énergies motrices sont celles de son affectivité (au centre) et que le principe de la forme se retrouve en haut, dans la tête (là où les gens localisent le siège de la pensée). Vous avez donc là un élargissement de la notion d'art dans un sens anthropologique qui fait éclater les limites du concept d'art moderne. Dans la mesure où ses principes fondamentaux s'étendent à l'homme dans sa totalité."

    c'est donc une citation de Joseph Beuys...pour ceux qui ne connaissent pas cet artiste voici un lien:https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Beuys

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  • robert Filliou: poète idéal..?

    voici un texte très bien fait sur la vision artistique de Robert Filliou ...j'ai trouvé ce texte sur le site du MAMCO dont voici le lien:

    www.mamco.ch/artistes_fichiers/F/filliou.html

     

     

    Robert Filliou

     

    Robert Filliou quitte la France à l’âge de vingt ans pour les États-Unis, où il fait des études d’économie. De 1953 à 1957, il travaille pour les Nations Unies à un programme de reconstruction en Corée du Sud. C’est pendant ce séjour qu’il visite le Japon et qu’il entre en contact avec le Zen qui jouera un rôle important dans sa pensée artistique. Après avoir mis un terme à cette activité, il voyage pendant plusieurs années, puis il revient en 1959 à Paris avec le projet d’écrire. Filliou, qui se définira toujours comme poète, commence alors à travailler avec des objets et s’intègre rapidement aux activités de Fluxus. Entre d’incessants déplacements, il réside à Villefranche-sur-Mer de 1965 à 1968, où il ouvre avec George Brecht la « Cédille qui sourit », une sorte d’atelier-boutique, reconnue comme « Fluxshop », puis à Düsseldorf jusqu’en 1974, date à laquelle il retourne définitivement en France. Son œuvre allie à un sens aigu du bricolage, de l’humour et du dérisoire, une curiosité intellectuelle qui le pousse à dépasser constamment les frontières de l’art et une conception spirituelle et utopiste du rôle de l’artiste.


    L’œuvre de Robert Filliou peut être considérée hâtivement comme une manifestation de l’esprit néo-dadaïste de Fluxus. Il partage avec cette constellation informelle d’artistes dont il a rencontré très tôt certains des principaux acteurs (George Maciunas, Nam June Paik, Emmett Williams, Arthur Köpcke, Josef Beuys), le même rejet des catégories esthétiques traditionnelles et la même volonté d’identifier l’art à la vie en recourant notamment à de nouveaux médiums : performance (bien qu’il soit souvent plus proche de la poésie sonore et qu’il ait préféré le terme d’'action-poetry'), multiple, vidéo. C’est dans ce contexte que se développent les principes fondamentaux de sa pratique artistique : une prédilection pour l’écriture, ainsi que pour l’objet quotidien ou récupéré, une syntaxe qui relève du collage et qui conserve à ces emprunts toute leur fraîcheur objective, et une tendance à maintenir son travail dans un rapport constant au « je » – souvent accentué par des éléments autobiographiques sommaires – afin de susciter une communication immédiate avec le spectateur, perçu en fait comme un interlocuteur, et d’éviter que l’œuvre ne soit mythifiée.

    R. Filliou définit les bases de sa réflexion avec le « Principe d’équivalence », présenté pour la première fois à Düsseldorf en 1969. Constituée de planches de bois, de boîtes de carton et de chaussettes rouges, potentiellement extensible à l’infini, au point que R. Filliou se demandait humoristiquement s’il n’avait pas retrouvé « le geste initial du Créateur », cette œuvre postulait la stricte équivalence du « bien fait », du « mal fait » et du « pas fait ». Refusant de hiérarchiser les œuvres en fonction du talent ou de l’habileté déployés dans leur réalisation, il déclare que sa « spécialité est le mal fait », et élève le « pas fait » au rang de « secret absolu » de la « Création permanente ». Synonyme de « Fête permanente » ou d’« Eternal Network », la « Création permanente » englobe et résume dès lors tout son travail.

    En 1970, il publie un livre, « Teaching and Learning as Performing Arts », dans lequel sa conception de l’art s’élargit à une vision globale de la société, inspirée de Charles Fourier. Rejetant les idées d’admiration et de spécialisation qui sont pour lui responsables de l’aliénation de la société capitaliste, R. Filliou distingue une « économie de la prostitution », reposant sur la quête du pouvoir, d’une « économie poétique » chargée d’instaurer un nouveau système de valeurs plus propice à l’épanouissement de l’homme. Son objectif, comme celui de J. Beuys qui se situe de ce point de vue aussi dans la lignée de Fluxus, est que chaque individu prenne conscience qu’il est un artiste – ce qui ne signifie pas qu’il produise nécessairement des œuvres d’art au sens strict du terme – mais qu’il puisse affirmer son génie dans le cadre de n’importe quelle activité, elle-même élevée au rang de l’art. Moins démiurge que J. Beuys, pour qui cette prise de conscience relève du tragique, R. Filliou mise sur le jeu, l’innocence et l’imagination, qui sont des qualités qu’il identifiait à l’enfance.

    Ces idées, qui déterminent toute son œuvre, s’incarnent parfois littéralement comme dans la « Tool-Box N° 1 » (1971), où les mots « innocence » et « imagination » en néon sont encastrés dans une boîte à outils. Mais elles peuvent trouver une formulation beaucoup plus sophistiquée : par exemple dans le « Poïpoïdrome », élaboré à partir de 1964 avec l’architecte Joachim Pfeufer. Conçu comme un espace propre au déconditionnement culturel et à la méditation, ce projet, dont seuls des plans et un prototype ont été exposés, demeure un des meilleurs exemples de la manière dont R. Filliou pouvait convoquer, avec iconoclasme, humour et candeur, tous les domaines du savoir pour les vider de ce qu’il estimait être vain et n’en conserver que ce qu’il jugeait utile à un approfondissement immédiat du sens de la vie. Dans la même perspective, il invente en 1971 le « Territoire de la république géniale », une utopie qui connut pourtant une réalisation publique la même année dans une salle du Stedelijk Museum à Amsterdam : au lieu d’y montrer des œuvres, R. Filliou tentait au moyen de documents et de photographies d’engager directement le dialogue avec les visiteurs. Cette entreprise de déterritorialisation et de délégitimation de la sphère artistique trouve son apogée en 1973 à la Neue Galerie d’Aix-la-Chapelle avec le « 1.000.010e anniversaire de la naissance de l’art » : un énorme 'happening' informel auquel toute la population était conviée et d’où toute notion traditionnelle de l’art disparaissait au profit d’une fête éphémère.

    C’est dans cette convivialité que l’art pour R. Filliou devait s’abolir, et chacune de ses œuvres dans sa légèreté cherche à témoigner de ce qui était sa vision de l’art du futur : une sorte de « gai savoir », un art de vivre heureux, ou encore « l’art d’être perdu sans se perdre ».

    Philippe Cuénat


    Robert Filliou est né en France en 1926, il est décédé en 1987 à Peyzac-le -Moustier (France).

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  • Hang on to your Emotions ....

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  • lever de pierres...

    lever de pierres...

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    l'orage n'a pas eu lieu, malgré l'alerte orange, juste un drôle de vent un peu fou hier soir ...

    petit exercice au réveil, là où les muscles et le peu d'idée qu'il me reste sont encore un peu "efficaces"....

    cette sculpture à peine ébauchée et si forte en l'état, son état de pierre immobile, cette œuvre simple, je l'avais déplacée près de l'atelier...il s'agissait de l'inclure à la série de sculptures en préparation pour l'exposition à Barotte.

    Elle a donc servie de fil conducteur pendant l'élaboration de:

    "ô super(wo)man", petit hommage à Laurie Anderson ....  

    DSC04918.JPGSa force m'aidait à créer le reste...

    depuis une semaine elle était seule, près de l'atelier ....mal placée, pas du tout en place en fait...

    Je lui ai redonné un peu de la force qu'elle m'avait apporté, par sa présence au milieu de tout ce fatras de ferraille qui a fini par devenir une série de sculptures présentes actuellement chez

    Patrick Brisset à Barotte ...

     

    L'exercice de la sculpture c'est avant tout un mélange grisant de liberté intellectuelle et d'intensité physique qu'on retrouve dans très peu d'autres activités humaines...

    En tous cas, comme je l'envisage, moi, la sculpture est (avant tout) une aventure...et non point un travail...

    Travailler est un mot d'une terrible efficacité, impliquant un rapport social, une dépendance à l'argent et une usure prématurée du corps...quelque soit le travail...

    C'est un piège social un point c'est tout ! c'est une façon de mourir en bombant le torse...la compétition n'a rien de rentable dans le vrai sens du terme...la compétition broie la nature, parce que l'homme a cette volonté de se débarrasser de la nature qui lui fait peur ...la compétition broie les animaux qui ne nous ont rien fait et les hommes trop faibles...et nous sommes toujours trop faibles, dans nos vies respectives, un jour ou l'autre ...

    Pour avoir été obligé de travailler dur, je sais depuis toujours que le travail n'est pas une bonne chose...l'activité physique intense quand elle n'est pas liée à l'exercice du grand capital avec pour toile de fond la globalisation à outrance et la rentabilité destructrice peut s'exercer dans le sport(amateur...), certains arts martiaux et entre autres choses dans l'exercice de la sculpture ...

    Cet exercice permet de se réaliser pleinement, de manière à la fois physique et intellectuelle sans y laisser son "âme"...elle grandit cette âme au point de nous changer totalement au fur et à mesure de l'élaboration de l’œuvre.

    Il faut accepter de devenir patient, il faut faire et refaire encore la même simulation de ce que va devenir l'oeuvre et c'est ce parcours, cette intensité-là, dans ces moments-là qui me fascinent depuis toujours.

    Ce n'est pas imposer sa loi ou faire plier un matériau à sa volonté,  c'est peut être simplement profiter de sa substance et incorporer à celle ci un peu de soi sans la détruire pour autant...

    c'est peut être cela, la sculpture: une alchimie provisoire, des bornes immobiles dans un univers d’éphémères mouvements...

     

    et ce matin, c'était le moment idéal pour placer cette pierre à cet endroit là ...malgré la fatigue, cet escalier difficile et mon cœur qui ne supporte plus les efforts violents ...

     

    sur le calendrier, c'est la fête des Pierre et Paul ...

    je pense à mon oncle Pierre disparu il y a peu de temps ...et à tous les Pierre ...connus ou inconnus ....

     

     

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  • ô superman ....de Laurie Anderson ...

    pour l'exposition de l'été à Barotte je suis en train de concocter un ensemble de structures/sculptures dédiées à l'oeuvre de Laurie Anderson et évidemment surtout à ce morceau très connu : "ô superman"

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    un aperçu de ma progression dans l'idée... qui me tient à cœur depuis longtemps de rendre un hommage à

    Laurie Anderson

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     ...musique, le temps, les échos, point d'orgue et coda ce sont les titres de quelque unes des sculptures en cours...ferraille et béton ...

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  • le luna park s'ennuie ...même au bout du monde ...

    de ville en ville

    le luna park s'ennuie

    montage démontage

    il connaît le monde

    c'est lui qui l'a fait

    et encore une fois

    il songe aux visiteurs

    ils croient s'amuser

    à s'en faire péter la rate

    ils ne font que vivre

    dans ses méandres

    le beau luna park de rêve...

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    sur la Saïgon river entre un cargo et le centre des affaires de Ho chi minh city ...

    ce sont dans ces moments là où l'on trouve l'Europe bien petite et surtout un peu trop sure d'elle ....tellement sure d'elle qu'elle dépérit cette vieille Europe...

    se sentir mieux au bout du monde... cela ne tient pas à grand chose :peut être ne pas tout comprendre, à la langue, aux rituels, aux habitudes ....

    ça doit être cela l’exotisme ...

    et je pense à Lévi Strauss et à  l'incipit de "tristes tropiques":

    « Je hais les voyages et les explorateurs "

     

     

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  • ...Robert Filliou...

    Robert Filliou considérait être un génie sans talent et, plus largement, que tout un chacun est porteur d’un génie que l’exercice de ses talents l’empêche de développer.

    Cet énoncé dénote une pratique privilégiant le comportement artistique à l’objet d’art, tout en éclairant les intuitions philosophiques et les utopies sociales....

     https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Filliou

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  • plus moyen de dormir tranquille...

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    ces animaux ne sont pas capitalistes ....à part avec les croquettes peut être ...blague à part y a t il vraiment une folie à l'intérieur des cerveaux humains ?

    http://www.bastamag.net/Le sommeil sous les coups de boutoir du capitalisme

    Pour Jonathan Crary, qui publie aux éditions Zones, 24/7 – Le capitalisme à l’assaut du sommeil, nous sommes entrés dans un système économique, social et politique promouvant l’idéal d’une vie sans pause, active à toute heure du jour et de la nuit, dans un état d’insomnie généralisée. Selon lui, aucun individu ne peut certes « consommer, jouer, travailler, bloguer, télécharger ou envoyer des SMS 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Mais comme il n’existe désormais plus aucun moment, aucun endroit ni aucune situation où l’on ne puisse pas acheter, consommer ou exploiter des ressources en ligne, le non-temps 24/7 fait une incursion acharnée dans tous les aspects de la vie sociale et personnelle ». À l’instar de ses propres machines, l’humanité serait passée en « mode veille » : constamment disponible, toujours connectée, jamais vraiment à l’arrêt.

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  • "la part du ciel..." et bien d'autres sculptures d'Henri Gaillard...

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    je crois qu'il vous faut visiter le blog d’Henri en cliquant sur ce lien...

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  • reliquaire païen...2014...

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  • la maison et le temps qui passe...

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    la maison en 2011....

     

    Ne plus prendre le temps...

    Le seul exercice rituel laissant apparaître une régularité apaisante, c'est bien celui de tailler les rochers qui affleurent sur cette colline où j'ai décidé de vivre il y a de cela trente ans.

    Le rythme de la taille, le tac tac tac de la massette sur les quelques outils me servant à concrétiser mes rêves dans ce temps qui s'évanouit sans relâche, cette musique est apaisante...

    de quoi devenir immobile pour toujours...

     

    Reste-t-il une société humaine survivant sans le sacro-saint comptage du temps ?...quelques «sauvages » à l'abri de ce déroulement permanent des secondes, des minutes, des heures... ?

    Peut être ont ils moins peur de la mort que nous autres « les organisés » ?...

     

    Naïvement, j'essaie de résister à tout ce maelström.

    Même si cela n'est pas parfait, j'ai réalisé au moins le rêve d'autonomie de la maison … ce rêve je le portais depuis l'adolescence...ici, sans les contraintes habituelles cela s'est révélé possible ...je publie dans cet article des photos de la maison à différents stade de son évolution...

     

    Ah ! Cette maison !

    Havre de paix pour certains de mes amis, posture intenable dans le temps pour certains autres...

    et je résiste à ce bavardage …

    En tous cas, je n'essaie pas de me poser en modèle...dans ma vie quotidienne je préfère ne plus en parler...

    quand je vois la dépense énergétique de l' européen moyen...je ne dis plus rien, je sais mon discours inutile, un peu comme ma prise de position dans l'univers artistique...

    Le nucléaire fait peur, mais quand même un peu moins que le soi disant manque de confort...

    je préfère le confort de ma tête et savoir d'où viennent les watts utilisés à la maison, la maison de toutes les expériences...

    Pour en revenir au tac tac du type qui taille ses cailloux au fond de bois, il ne faut pas le confondre avec le tic tac de tous ces beaux objets donnant l'heure gratuitement...

    honte à celui qui inventa la clepsydre !!

     

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    la maison en 1990...

     

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    la maison en 1988...avec le tout premier capteur photovoltaïque...juste de quoi s'éclairer le soir pour lire ...

    c'était un peu comme à "Walden"... le lieu où vivait Henry David Thoreau...

    et pourtant je n'avais pas encore lu : "Walden, la vie au fond des bois"...

     

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     la maison en 2014...

     

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