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le laboratoire de recherches artistiques - Page 3

  • ce matin, un livre ouvert au hasard...

    ...au hasard de la lecture, texte trouvé dans le recueil :

    "à l'orient de tout" de François Cheng

     

    D'un instant à l'autre,

    L'éclair va passer,

    La foudre va passer,

    La campagne est pleine

    De frayeur, d'attente.

    Une tourterelle rappelle

     

    Les anciens oracles.

     

    et puis aussi, un peu plus loin:

     

                                                            arbre-résistance

     

    Ne plus bouger d'un pouce d'ici

    Non tant fidèle à soi

                 qu'à la promesse de la vie

    Accueillir pluie comme vent

    cueillir gelée comme rosée

    Fouiller racines et caresser nues

    Endurer ouragans et ravages

    Perdurer alliance terre-ciel

    Contre tout attentat

               à la flamme à la rouille

    Contre toute attente

     

    Dévisager la violence humaine

    Fixer des yeux massacres et cris

    Prêter le flanc aux coups de hache

                ou de machette

    Être le corps entaillé jusqu'aux os

               anneaux rompus tripes dehors

    Porter haut cependant la frondaison

    Dispensant l'onguent de l'unique ombre

    Sur le dos brulé de l'enfant orphelin

    Non tant fidèle au monde

                 qu'à la promesse de vie

     

        François CHENG, poèmes extraits de"Cantos Toscans", 1999.

     

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    l'ombre du "guérisseur d'âmes"

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  • l'ombre, la lumière et la nécessité de créer...

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    Créer n'est pas ajouter une pierre de plus à un édifice instable,

    c'est peut être extraire de soi une émotion vers la transparence...

     

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    "quadrillages"

     

     

     

    images réalisées à l'abbaye de Flaran dans le département du Gers(sud-ouest de la France)

    le 21 juin 2015 (jour du solstice d'été)

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  • nuage d'un soir. ..

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  • l'oubli est préférable...

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    cacophonie des œuvres

    bien-être du désordre

    une vie en forme

    de gare de triage

     les wagons perdus

    de ci de là

    et ma locomotive

    s'essoufflant à tout jamais.

     

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    "un dimanche à l'usine"

    œuvre éphémère

    perdue et re-perdue...

    ne restent que ces deux images

    et la félicité sereine d'une journée à s'amuser

    avec des bouts de ferrailles...

    c'était dans un autre siècle

    un jour perdu, mais ô combien charmant...

    je ne me souviens plus vraiment...

    l'oubli est préférable...surtout pour demain...

     

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  • construire un feu...

     

     

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    "construire un feu".

    c'est le titre d'une nouvelle assez connue de Jack London.

    En fait, il y a deux versions de cette nouvelle, écrite une première fois en 1902 puis une seconde fois en 1908...

    c'est l'histoire d'un homme seul qui affronte un froid glacial dans un territoire inhospitalier: le grand nord avec ses pièges et sa beauté ...

    London précise que l'homme sait très bien qu'il faut éviter de partir seul dans ces conditions mais le "héros" croit qu'il peut défier la nature.

    Dans la première version, il s'en sort de justesse et en quelque sorte en tire une leçon.

    Dans la seconde version, il est accompagné par un chien qui sait instinctivement qu'il ne faut pas "voyager par un temps aussi terrible"...dans cette version, London est implacable : son héros ne s'en sortira pas et le chien fera demi tour...

    Kenneth White écrit ceci dans une très belle préface à cette œuvre de Jack London:

    "L' homme en question, donc, c'est l'homme qui se croit maître du monde, qui se sent autorisé et capable de faire tout ce qu'il veut. Il connaît une foule de faits concrets, mais n'a aucun sens général des choses. C'est le chien qui, par instinct, possède ce sens général, et, par conséquent, une conception des choses plus vraie que celle de l'homme.

    Nous n'avons pas là une apologie de l'instinct accompagnée d'un rejet de l'esprit, comme le prétendent certaines interprétations simplistes de London, mais la question est posée de savoir si l'être humain, "maitre du monde", peut élargir sa conscience et devenir un être à la fois "associé" et "naturalisé".

    Le moins que l'on puisse dire, c'est que London n'est pas optimiste, mais toute son œuvre, tout son cheminement dans le froid et le silence, vont dans ce sens. Et c'est un chemin jalonné non seulement de feux, mais de lumières.

    à le lire, on vit plus intensément. c'est cela qu'on attend d'un véritable auteur."

                                                                  Kenneth White, juillet 2007.

     

    C'est à l'école primaire, lors de la remise des prix de fin d'année que j'ai eu entre les mains pour la première fois un livre de Jack London...Le choix de mon instituteur était allé vers une œuvre de London publiée dans "la bibliothèque verte" ; "Michaël, chien de cirque"...

    j'avais trouvé ce livre difficile à lire à l'époque, je l'ai relu plus tard ...

    Dans le fond de la classe, unique, de cette petite école, de ce petit village, perdu lui même dans cette grande plaine de la Beauce, il y avait une grande bibliothèque vitrée où l'on pouvait voir des bouquins recouverts d'un papier protecteur de couleur beige, portant simplement des étiquettes avec des numéros...

    Je ne sais si cette numérotation correspondait à la classification de Deway mais je sais que, souvent, je regardais ces livres sur ces étagères...Nous avions le droit de les emprunter à la fin de la semaine ...Monsieur Huard, l'instituteur nous "aidait " dans le choix des titres et des auteurs...il ne nous demandait jamais au retour, si nous les avions lus, ces fameux livres...

    en quelque sorte il respectait notre liberté de lire ou de ne pas lire...histoire surement de ne pas nous dégouter de la lecture, et aussi de nous faire entrevoir qu'il existait un monde étonnant dans ces objets pleins de pages, elles mêmes remplies de mots formés de lettres ...

    Un jour, le "maître" a sorti un électrophone et nous a passé un disque : c'était :" le chant des partisans" chanté par Yves Montand, je crois...

    Je n'ai jamais su qu'elles étaient les opinons politiques de mon maître d'école, bien sur, mais je sais qu'une fois il est intervenu pour défendre mon droit à ne pas assister au catéchisme qui se déroulait à l'église. Mes camarades de classe m'avaient mis à part, je résistais bravement à ce fait brut: j'habitais dans un village très conservateur, je venais d'ailleurs (un peu plus de 90 kms...on vient toujours d'ailleurs...) et surtout je n'étais pas baptisé, selon la volonté de mes parents qui avaient jugé que leurs enfants choisiraient leur appartenance à une quelconque religion quand ils auraient l'âge de raison...

    J'ai donc appris à résister très tôt ...aux conservatismes, aux idéologies de masse, quelque qu'elles soient ...

    Bien des années sont passées...je n'ai pas oublié mon instituteur qui m'avait décerné le prix d’excellence cette année là et j'ai toujours ce bouquin de Jack London sur une étagère...

    Dans ma vie, j'ai beaucoup utilisé les bibliothèques municipales...

    J' ai appris toutes ces choses sur la sculpture dans les livres, maintenant j'ai assez d'argent pour m'acheter ces livres que je m'étais promis de lire avant de mourir ...je sais que je n'aurai pas le temps de tous les lire...mais j'aurais bien voulu, une fois adulte, revoir mon instituteur pour savoir ce qu'il pensait vraiment de tout ce fatras qu'est l'humanité...mais c'est un peu tard maintenant ...

    Ah oui ! je sais aussi "construire un feu" et je résisterai le plus longtemps possible à tous les rouleaux compresseurs, même les plus amicaux ...

     

     

     

    voici un texte de Manset:

     

    Millions de vies cachées dans des maisons de tôle,
    Fourmi portant le monde sur tes épaules
    Qui plie mais ne rompt pas comme le saule,
    Fourmi portant le monde sur tes épaules.

    Maisons châteaux,
    Murs de sable, murs de vent,
    Souffle de l'avenir nous soulevant
    Comme une feuille d'arbre pourrissant,
    Jaune et dorée sous le soleil couchant
    Comme un chien qui s'est tût
    Et toi que deviens-tu?
    Je te demande:
    Et toi que deviens-tu?

    Maisons châteaux,
    Murs de sable, murs de vent,
    Cristal taillé plus pur que le diamant
    Qui devient sous nos doigts
    Sable tout simplement,
    Sable dans nos paupières
    Nous endormant,
    Comme un film s'arrête.
    Et toi que deviens-tu?
    Je te demande:
    Et toi que deviens-tu?

     

    Manset

    "et toi que deviens tu?" fait partie de l'album: "lumières"

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    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=OQ7dnwBU2-khttp://

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  • un vrai jour de chance

     

     

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    L'imaginaire, c'est comme un dernier refuge dans la montagne quand on sait que la nuit tombe, qu'il va faire froid et qu'il faut trouver un abri.

    C'est comme une force face à l'ennui de tous les autres, aux images rabâchées par tous ces écrans vides.

    Construire un feu pour se réchauffer l'âme et partir au bout du monde se perdre dans toutes ces langues inconnues, voir comment ils taillent le bois et la pierre là-bas et si les arbres parlent vraiment à ceux qui sont morts...

    Il nous vient du fond des âges une sensation d'intense créativité, renvoyant notre époque à sa fonction de plus en plus évidente de limitation de l'imaginaire.

    Pour moi l'exercice de la sculpture représente l'une des seules contrées où la liberté intellectuelle puisse s'exprimer. (chacun trouvera son « pays idéal » et fera ses exercices comme il veut.)

     

    les matériaux, les techniques, les savoirs faire n'ont pas tellement d'importance finalement.

    Il y a une force en chacun de nous, certains arrivent à l'exprimer.

    Un jour de chance ce serait de rencontrer au détour d'un chemin toutes les possibilités cachées au fond de nous...ce serait un vrai jour de chance....

     

     

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    à Hué dans la citadelle en 2012...

    dans la cité pourpre interdite.

     pour mieux comprendre

     

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    ah ! au fait Hué se situe au Vietnam très près du fameux 17eme parallèle...

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  • la force des arbres...

    Quand on parle de sculpture et du matériau bois, on entend souvent le terme : sculpture sur bois.

    En fait dans ce cas là, on sculpte un morceau d'arbre coupé, un ancien arbre en quelque sorte.

    D'ailleurs on ne sculpte pas sur du bois mais dans du bois, dans un arbre anciennement vivant et non sur un arbre, ce qui serait périlleux...

    Le travail du bois pose un problème récurrent surtout dans nos sociétés organisées : il est facile à mettre en œuvre, nous disposons de matériel de plus en plus performant et pourtant pour beaucoup il paraît difficile de tailler, de « rentrer », dans un morceau de bois même si l'on sait « travailler » ce matériau.

    Ce n'est peut être pas qu'un matériau... Je pense qu'il nous reste à acquérir l'instinct, l'esprit du bois …et peut être aussi un peu le sens des volumes...

    Parfois un sculpteur qui veut faire « plier » le bois à ses caprices oublie que l'arbre est toujours présent dans son ouvrage en devenir.

    Bien souvent le métier appris encombre la tête de l’ouvrier. Il y a donc des règles...qui ne demandent qu'à être détournées...ou du moins à être apprises puis « oubliées ».

    Baselitz a tout de suite « attaquer » le bois sans se soucier du métier de sculpteur sur bois et d'ailleurs ses œuvres ont une force incroyable et donnent une impression de liberté vécue par l'artiste bien que celui-ci ne respecte pas tellement l'arbre dans le matériau qu'il met en œuvre...

    Brancusi, bien sur, a changé la manière de construire une sculpture tout en respectant les matériaux employés…

     

    Dans l'imaginaire de beaucoup de regardeurs il faudrait faire oublier les défauts du bois pour ne garder que sa beauté, sa chaleur naturelle... c'est un rêve de société édulcorée(du nord ou du sud...) autrement dit, c'est un peu le « syndrome de la cuisine équipée » dans les années 80 puisqu’ aujourd’hui le bois ne fait presque plus partie des matériaux utilisés dans l'ameublement.

    par ailleurs, d'autres observateurs aiment que le bois ait une apparence brute...c'est une sorte de réaction à « la cuisine équipée », à cet univers lisse que nous sommes en train de créer dans notre quotidien et ce, un peu partout sur la planète.

     

    Entre le brut « apprêté » et le lisse un peu trop propre y a t il une une autre voie ?

    peut on concilier les deux ? Par exemple avec ce « guérisseur d'âmes » :

     

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    les bois sont du cèdre rouge poli et du châtaignier brut, l'un planté dans l'autre, le bout de caillou c'est du marbre de Sarancolin (mais pour la pierre c'est une autre histoire)

     

    s'il « guérit les âmes » c'est peut être que le personnage représenté appartient à une civilisation du beau (sans avoir besoin de la situer dans le temps), et que pour rester le plus proche du noyau dur de chacun d'entre nous ce personnage a besoin de la force brute de l'arbre.

    C'est l'arbre qui l'aide à tenir en équilibre le caillou sur sa tête ( ce qui n'est pas si facile...) de cet équilibre dépend l'étayage des âmes en détresse parce que coupées du monde, si loin des arbres...

    (cette image est un peu vieille: la plaque qui sert de socle a été remplacée par un morceau de bois brut)

     

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    Depuis le début, c'est l'énergie de l'arbre qui m’intéresse...

    Couper un arbre, observer ce qui reste sans les racines, sans les branches, sans les feuilles...

    Tout cela est parti en fumée ou dans la terre...

    On a encore coupé un arbre...et la cruauté et la cupidité humaine est sans nulle autre pareille...

     

    C'est aussi l'histoire de cette sculpture : « le dernier voyage »

     

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     Dans ce cas précis c'est juste une grosse branche coupée parce que gênante...l'arbre, un acacia est toujours vivant...sans sa branche, qui elle-même a perdu ses branchettes et ses feuilles... elle poussait presque horizontalement et menaçait le toit d'une maison.

    Je l'ai « verticalisée »pour me servir de son énergie, de la force de l’arbre.

    Je le vois souvent cet acacia et je me félicite d'avoir insisté pour ne pas le couper entièrement. J'ai proposé l'émondage des branches qui gênaient et j'ai aussi sauvé cette grosse branche qui devait être réduite en bûches pour le feu.

    Un arbre de plus, un arbre de moins...il faudrait faire le compte des arbres que j'ai plantés, ceux que j'ai coupés, ceux que j'ai sauvés en les taillant plutôt qu'en les coupant au pied. Peut être pour leur laisser une chance de se développer autrement.

     

    La force de l'arbre c'est peut être ce personnage qui s'extirpe d'un socle, ce socle là, c'est la base de l'humain, une plaque de fer pentagonale assurant la stabilité de la sculpture. Et pourtant j'ai cru bon de rajouter un autre socle :quelques morceaux de merisier sauvés du tas de bois à brûler...justement à brûler... c'est peut être une sorte de bûcher d'où l'idée du dernier voyage... il ne restait qu'à rajouter à cet humain essayant d'exister un bras qui appelle ou qui salue, c'est selon et une tête anonyme, car c'est assurément chacun de nous voyageant dans la vie, dans le temps...Peut être...rien n'est sur...bien sur...

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  • Wyatt ...bien sur...

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  • réparations

     

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  • retour d'Asie...

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  • l'asie en mode automatique...

     

    la poétique asiatique en mode automatique....

     

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  • partir....

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    train de nuit en gare d'Hanoï...

    ...revoir les rues d'Hanoï, même sous la pluie, même sous la grisaille... ça va nous changer de la grisaille de la campagne française...

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    refaire le tour du lac Hoan kiem...(très romantique! )

    ...nous partons la semaine prochaine ....

    visiter Haïphong, le delta du fleuve rouge, descendre vers Vinh puis Danang et filer en avion à Dalat pour retrouver Tien et sa famille ...

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  • dans le nord du Vietnam...

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    dans le nord du Vietnam, près de la frontière avec la Chine, dans la province de Lao Caï ...la vie quotidienne...

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    Photographies de Patricia Juvancy

     

     

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  • fabrication des mystères...

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    les nuages s'accumulent

    le ciel apparait, disparait...

    lever le regard vers le ciel...

    mystiques mystères

    et faux ministères

    de la pureté de l'air...

    mettez m'en trois stères !!

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     pourquoi tant de nuages?

    la plupart du temps, quand je travaille, quand je me déplace, surtout en voiture, je regarde toujours le ciel..même que ça en devient dangereux, en voiture...l'humanité désormais connectée a le nez collé sur les écrans, c'est normal ! et en plus, elle communique dans tous les sens et là non plus je n'ai rien à redire, mais tout ce temps passé sans la possibilité de s'abstraire de notre monde moderne ne me convient pas trop ...

    un peu de mystère nom d'un chien!

    et pour moi l'observation des nuages et de leurs mystérieuses évolutions est une activité passionnante ...je voudrais tous les photographier, évidemment mais ce n'est pas raisonnable ...

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  • nuageries...ou l'inutile a de l'avenir ....

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    cartographie céleste

     

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    pour moi, le désordre est une chance et si "l'atelier c'est le monde" comme je le proclame si souvent, il ne faut surtout pas ranger l'atelier... de peur de se priver d'associations d'idées, de hasards et de créativité(s) permanente(s)...

    pour s'en convaincre il suffit de perdre son temps à observer les nuages : liberté suprême...  penser à Robert Filliou et à son principe d'équivalence qui pour moi, est une avancée réelle dans l'expression artistique ...

    bien fait, mal fait, pas fait, sont dans un bateau : personne ne tombe à l'eau ... allez ! encore un nuage ...

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  • moneyless et la géometrie....

    je me suis intéressé à ce créateur après avoir lu un article dans "graffitti art magazine" http://www.graffitiartmagazine.com/index.php?post/Graffiti-Art-22%3A-en-kiosques

    pour voir ses créations et surtout ses installations vous pouvez aller sur:

    http://www.moneyless.it/

     

    voici une de ses œuvres :il travaille avec très peu de moyens (d'où son pseudo...).

    On peut penser à la fois à du land art et à une "continuation" des oeuvres minimalistes des années 70/80...

     

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    une autre image/œuvre de Moneyless où, si on l'observe un peu en détail, on peut voir et comprendre sa façon de faire et par là même sa façon de penser....

     

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  • l'équilibriste

    comment obtenir d'un caillou qu'il ne roule pas sous les pieds de l'équilibriste surtout si cette pierre est ronde ? Peut être en faisant confiance à l'imaginaire de chacun d'entre nous.

    Construire un monde imaginaire c'est souvent essayer d'entrevoir une lumière en regardant par le trou de serrure de sa propre personnalité, de sa personnalité propre, la sienne, bien pliée, bien repassée au fond de l'armoire des rêves.

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    l'équilibriste (le 28 septembre 2014)

     

     

     

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    les rêves, où celui qui patauge dans l'irréel rit de bon cœur, les matins remplis de ces voyages dans la nuit, sans pour autant aller jusqu'au bout de cette nuit, celle de Céline bien sur...

    il vaut mieux invoquer les dieux de l'oubli et laisser l'humanité divaguer dans ses thèmes et systèmes un peu fous. Il vaut mieux créer de l'inutile, du "qui sert à rien" et regarder les nuages ...

    et hop là ! 

    une petite cabriole, un salut au public et le petit théâtre de guignol disparait doucement dans le jour qui se lève...

     

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    justement là, sur cette image, le jour se lève sur l'himalaya... vers 5 heures du matin ( mais le temps se décale si vite que cela ne veut plus rien dire...) 

    ...dans l'avion qui nous mène à Saïgon, vers ce pays que nous aimons tant...

    parfois je joue à l'équilibriste et dans mes rêves animés je roule à moto encore et encore à travers les champs de café, de poivre, d’ananas et de passiflores...

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  • s'il est difficile d'être juste, il est préférable d'être seul(s) au bout de tous les mondes...

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    Nous devions emprunter un raccourci, sensé nous mener à une petite localité où nous aurions passé la nuit ...mais dans cette région du sud Vietnam, il y a eu beaucoup de travaux ces derniers temps, en particulier la construction de barrages hydro-électriques...

    En fait, la route s’arrêtait là, à ce qui restait de ce village dont une partie avait été noyée pour produire du courant électrique ...

    Avec Patricia, on se souviendra longtemps de la tête de Tien, notre ami qui n’arrêtait pas de dire : "il y a dix ans, ici, il y avait une route... on pouvait passer je vous jure ! etc...etc..."

    ce n'était pas bien grave... au contraire même cela nous a permis de constater une fois de plus les capacité d'adaptation du peuple Vietnamien...

     

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    ce qui restait de ce village en partie enseveli sous les eaux était devenu un village de pécheurs...des vietnamiens originaires du delta du Mékong étaient venu s'installer là...

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    c'était vraiment le village au bout du monde ...après avoir discuté avec les habitants, nous avons repris les motos et fait demi tour ...

    je publie ici une photo de Tien en pleine discussion avec un jeune Vietnamien ...la joie de vivre et les relations simples, c'est cela le Vietnam ...en dehors des grandes villes bien sur...

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    de l'autre coté du barrage...nous avons mis un certain temps pour passer de l'autre coté ...le temps est différent...

     

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     c'est la pause au pied du barrage ...à noter le regard bienveillant de Tien envers Hoang, son neveu qu'il considère un peu comme son fils...

     

    photo "classique" d'un chargement sur une petite moto...sur les hauts plateaux entre Dalat et Gia nghia...

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                                                                       photographies de Patricia Juvancy

     

    ce pays est "revitalisant" ...c'est le moins qu'on puisse dire!

    quand nous rentrons en Europe, nous éprouvons toujours le même sentiment: notre pays est si triste et nos concitoyens si grincheux qu'on a évidemment envie de retourner là bas le plus vite possible ...

    je ne suis peut être pas très juste envers mon pays et c'est peut être le mirage de l'exotisme qui me fait parler ainsi...c'est possible ...mais quand je vois tous les efforts qu'il faut faire ici pour essayer de maintenir des relations humaines "acceptables"...je crois que finalement il vaudrait mieux aller vivre au bout du monde ...la langue peut être une barrière mais aussi une protection contre la platitude qui doit bien exister au Vietnam comme ici, comme partout ....

    seuls au bout du monde, nous nous sommes dit souvent que notre solitude était due à la langue et à notre statut d'étrangers mais ici notre solitude est bien pire puisque nous sommes "français de souche" et que nous parlons correctement la langue...

    mon pays va mal ...mais à vrai dire je ne me souviens pas, depuis mon enfance, d'un moment où les habitants de ce pays aient été satisfaits ...

    Ici, aucun rire ne fuse ...dés qu'on exprime l'intention de faire quelque chose d'original, des "boucliers " se lèvent hardiment...

    En Asie, tout du moins au Vietnam, par exemple dans la circulation routière quotidienne, très impressionnante, on voit bien la différence de mentalité: dans tout ce flot de scooters, de motos, de bagnoles, de bus et de camions si quelqu'un te passe devant ou te "grille" la priorité ça ne provoque pas un drame l'autre s’arrête et te laisse passer ...

    il y a des accidents bien sur et tout n'est pas rose mais malgré tout les gens sont moins agressifs ...

    quand tu es piéton il n'y a qu'une solution pour traverser les grandes artères dans les villes : tu avances toujours à la même allure sans courir et en évaluant la vitesse du flot qui arrive vers toi ...si tu conserves la même allure et surtout la même logique : avancer quand même... tu traverseras sans encombre...

     

    tout ça pour dire qu'en ce moment, la vie "ici" me parait difficile et je crois tout bêtement que nous nous la rendons difficile ...et que l'on ne me dise pas que le Vietnam est un pays sous développé ...ça ne fonctionne plus ces raisonnements vus de si loin, vus de nos pays sclérosés par l'ennui et la fausse modernité..!

    le Vietnam est en train de devenir un pays développé et nous nous sommes en train de ne rien devenir du tout ...si ce n'est un pays pleins de frustrations et d'intolérances ...

    pour moi, là, aujourd'hui, il est préférable d’être seul(s) à l'autre bout du monde que de voir mon pays devenir ...vieux et craintif ...

    mais bon ! ce que je pense... tout le monde s'en fout depuis toujours ...et après tout c'est bien normal ...

     

     

     

     

     

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  • Filliou et Beuys, figures tutéllaires de l'ART,quand nous en serons à créer sans être pour cela des artistes...

     drôle de titre pour une idée très simple...!

     

    En fait, j'insiste un peu sur les développements possibles des idées de Robert Filliou et de Joseph Beuys...

     

    En 1970, Robert Filliou publie un livre, « Teaching and Learning as Performing Arts », dans lequel sa conception de l’art s’élargit à une vision globale de la société, inspirée de Charles Fourier.

    Rejetant les idées d’admiration et de spécialisation qui sont pour lui responsables de l’aliénation de la société capitaliste, R. Filliou distingue une « économie de la prostitution », reposant sur la quête du pouvoir, d’une « économie poétique » chargée d’instaurer un nouveau système de valeurs plus propice à l’épanouissement de l’homme.

    Son objectif, comme celui de J. Beuys qui se situe de ce point de vue aussi dans la lignée de Fluxus, est que chaque individu prenne conscience qu’il est un artiste – ce qui ne signifie pas qu’il produise nécessairement des œuvres d’art au sens strict du terme – mais qu’il puisse affirmer son génie dans le cadre de n’importe quelle activité, elle-même élevée au rang de l’art.

    Ce postulat est assez simple, mais point simpliste ...peut être faut il revenir à une posture intellectuelle plus simple et surtout reliée à la terre...

    et puis il y a l'envie de partir "au bout du monde au pays de lumière, sur cette route qui fait le tour de la terre..." je cite de mémoire Gérard Manset...

     

    en attendant, voici une petite photo des tours Chams de Po Naghar dans le sud du Vietnam c'est un des endroits les mieux conservés de la culture Cham ...du royaume de Champa...

     

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  • deux très vieilles sculptures ....en bois

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    deux Bouddhas en bois, l'un datant du 6ème siècle, l'autre du 4ème siècle ....ils sont issus de la culture oc eo ...

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    Situés dans le district de Thoai Son, province d’An Giang (Sud du Vietnam), les vestiges d’Oc Eo-Ba Thé sont liés au royaume du Phe Nam.

    Oc Eo est un site de 450 ha au sein duquel les archéologues et historiens ont découvert des statues, des boucles d’oreilles, des anneaux, des objets en bronze... de la culture d’Oc Eo.

    Oc Eo est une ancienne culture ayant connu un fort développement durant les dix premiers siècles de notre ère dans le delta du Mékong. Redécouverte il y a près de 70 ans, la connaissance de cette culture est de plus en plus approfondie grâce aux nombreuses recherches effectuées.

    http://english.vietnamnet.vn/fms/vietnam-in-photos/104257/buddhist-treasures-of-vietnam-in-pictures.html

     

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    Ces photos ont été prises au musée national d'histoire d'Hanoï, pour ceux qui connaissent un peu cette ville, le musée est situé près du lac Hoan Kiem ...le fameux lac autour duquel les Vietnamiens, très romantiques, aiment se promener...

    Lors de notre dernier voyage au Vietnam, nous sommes allés voir les sculptures de la civilisation Cham conservées au musée d'Hanoï (très belle collection d’œuvres en pierre, il y a aussi un petit musée à Quy Nonh très intéressant...)

    un petit peu plus loin, dans une salle attenante, mon regard a été attiré par des sculptures visiblement en bois...

    quand j'ai aperçu ces grandes statues de bois dans leurs vitrines ça m'a fait battre le cœur...4ème et 6ème siècle !!

    nous n'avons pas l'habitude de voir des bois si vieux et surtout en si bon état ...

    l'esprit de la sculpture est là ...

    il est évident que je n’accéderai jamais à la sagesse, mais quand je pense à ces sculpteurs et à cette époque, il y a quelque chose qui se passe en moi...

    en Europe, nous n'avions même pas commencé à construire nos églises romanes qui nous paraissent pourtant venir de si loin dans le temps ...

    je me dis souvent que je me suis trompé de siècle, de lieu, de temps, en naissant au 20 ème siècle, en Europe, dans une société basée sur l'individualisme et le consumérisme.

    D'ailleurs, René Huygues en parle déjà en 1953 dans une conférence sur Van Gogh. Pour lui, cette "crise" de l'individualisme des artistes se développe surtout après le 16 ème siècle. Au moyen age il venait rarement à l'esprit des artistes de signer leurs œuvres...ils travaillaient ensemble à une œuvre commune, bien sur l'esprit de cette œuvre était avant tout religieux ...

    je ne suis pas croyant et je ne pense pas changer d'idée sur ce sujet et le peu que j'ai réalisé en sculpture a été profondément marqué par l'art du 20 eme siècle, mais si "chaque homme est un artiste" comme le disait Beuys, chaque artiste est aujourd'hui pris dans un esprit de compétition redoutable, c'est même parfois la seule réussite tolérée par la société actuelle: créer avant tout des événements qui puissent "spectulariser" de plus en plus l'action artistique.

    Si l'oeuvre n'est pas relayée par le système capitaliste et mercantile, elle perd sa propre existence, du moins elle végète dans un anonymat redoutable ...c'est un peu un cercle vicieux: si l’œuvre n'est pas reconnue, elle n'est donc pas intéressante...

    il y a une autre question qui me vient souvent à l'esprit:

    pourquoi avoir besoin de sacraliser une œuvre par sa cote dans le milieu de la haute finance ou par son coefficient de pénétration dans l'univers du business à outrance...?

    je choisis le mot : "pénétration" à dessein...

     

    petite récréation: je viens d'apprendre ce matin que les revenus de deux artistes comiques pour la réalisation d'une publicité d'une grosse boite d'assurances est de l'ordre de 900 000 euros par an ...

    monsieur Mat et monsieur Mut peuvent se frotter les mains ...

    Ce sont des artistes travaillant comme acteurs, comédiens, mais surtout ils incarnent le rire populaire, du moins c'est ce qu'on essaie de nous faire croire (je me demande bien qui peut encore rire de leurs blagues même au trente sixième degré ...?)

    il y a quand même quelque chose de pourri dans le "vrai" monde des "vrais" artistes ...

    c'est pour cela que je ne me suis jamais senti à l'aise en exposant de ci de là (cahin caha...)

    et j'ai de plus en plus de mal à me revendiquer artiste ...

    ...juste un laborantin pirouettant dans l'expérimental, qui pour ne pas s'ennuyer dans la vie crée des "trucs" qui ne servent à rien ...

     

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    Ruine...2012

     

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