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  • construire un feu...

     

     

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    "construire un feu".

    c'est le titre d'une nouvelle assez connue de Jack London.

    En fait, il y a deux versions de cette nouvelle, écrite une première fois en 1902 puis une seconde fois en 1908...

    c'est l'histoire d'un homme seul qui affronte un froid glacial dans un territoire inhospitalier: le grand nord avec ses pièges et sa beauté ...

    London précise que l'homme sait très bien qu'il faut éviter de partir seul dans ces conditions mais le "héros" croit qu'il peut défier la nature.

    Dans la première version, il s'en sort de justesse et en quelque sorte en tire une leçon.

    Dans la seconde version, il est accompagné par un chien qui sait instinctivement qu'il ne faut pas "voyager par un temps aussi terrible"...dans cette version, London est implacable : son héros ne s'en sortira pas et le chien fera demi tour...

    Kenneth White écrit ceci dans une très belle préface à cette œuvre de Jack London:

    "L' homme en question, donc, c'est l'homme qui se croit maître du monde, qui se sent autorisé et capable de faire tout ce qu'il veut. Il connaît une foule de faits concrets, mais n'a aucun sens général des choses. C'est le chien qui, par instinct, possède ce sens général, et, par conséquent, une conception des choses plus vraie que celle de l'homme.

    Nous n'avons pas là une apologie de l'instinct accompagnée d'un rejet de l'esprit, comme le prétendent certaines interprétations simplistes de London, mais la question est posée de savoir si l'être humain, "maitre du monde", peut élargir sa conscience et devenir un être à la fois "associé" et "naturalisé".

    Le moins que l'on puisse dire, c'est que London n'est pas optimiste, mais toute son œuvre, tout son cheminement dans le froid et le silence, vont dans ce sens. Et c'est un chemin jalonné non seulement de feux, mais de lumières.

    à le lire, on vit plus intensément. c'est cela qu'on attend d'un véritable auteur."

                                                                  Kenneth White, juillet 2007.

     

    C'est à l'école primaire, lors de la remise des prix de fin d'année que j'ai eu entre les mains pour la première fois un livre de Jack London...Le choix de mon instituteur était allé vers une œuvre de London publiée dans "la bibliothèque verte" ; "Michaël, chien de cirque"...

    j'avais trouvé ce livre difficile à lire à l'époque, je l'ai relu plus tard ...

    Dans le fond de la classe, unique, de cette petite école, de ce petit village, perdu lui même dans cette grande plaine de la Beauce, il y avait une grande bibliothèque vitrée où l'on pouvait voir des bouquins recouverts d'un papier protecteur de couleur beige, portant simplement des étiquettes avec des numéros...

    Je ne sais si cette numérotation correspondait à la classification de Deway mais je sais que, souvent, je regardais ces livres sur ces étagères...Nous avions le droit de les emprunter à la fin de la semaine ...Monsieur Huard, l'instituteur nous "aidait " dans le choix des titres et des auteurs...il ne nous demandait jamais au retour, si nous les avions lus, ces fameux livres...

    en quelque sorte il respectait notre liberté de lire ou de ne pas lire...histoire surement de ne pas nous dégouter de la lecture, et aussi de nous faire entrevoir qu'il existait un monde étonnant dans ces objets pleins de pages, elles mêmes remplies de mots formés de lettres ...

    Un jour, le "maître" a sorti un électrophone et nous a passé un disque : c'était :" le chant des partisans" chanté par Yves Montand, je crois...

    Je n'ai jamais su qu'elles étaient les opinons politiques de mon maître d'école, bien sur, mais je sais qu'une fois il est intervenu pour défendre mon droit à ne pas assister au catéchisme qui se déroulait à l'église. Mes camarades de classe m'avaient mis à part, je résistais bravement à ce fait brut: j'habitais dans un village très conservateur, je venais d'ailleurs (un peu plus de 90 kms...on vient toujours d'ailleurs...) et surtout je n'étais pas baptisé, selon la volonté de mes parents qui avaient jugé que leurs enfants choisiraient leur appartenance à une quelconque religion quand ils auraient l'âge de raison...

    J'ai donc appris à résister très tôt ...aux conservatismes, aux idéologies de masse, quelque qu'elles soient ...

    Bien des années sont passées...je n'ai pas oublié mon instituteur qui m'avait décerné le prix d’excellence cette année là et j'ai toujours ce bouquin de Jack London sur une étagère...

    Dans ma vie, j'ai beaucoup utilisé les bibliothèques municipales...

    J' ai appris toutes ces choses sur la sculpture dans les livres, maintenant j'ai assez d'argent pour m'acheter ces livres que je m'étais promis de lire avant de mourir ...je sais que je n'aurai pas le temps de tous les lire...mais j'aurais bien voulu, une fois adulte, revoir mon instituteur pour savoir ce qu'il pensait vraiment de tout ce fatras qu'est l'humanité...mais c'est un peu tard maintenant ...

    Ah oui ! je sais aussi "construire un feu" et je résisterai le plus longtemps possible à tous les rouleaux compresseurs, même les plus amicaux ...

     

     

     

    voici un texte de Manset:

     

    Millions de vies cachées dans des maisons de tôle,
    Fourmi portant le monde sur tes épaules
    Qui plie mais ne rompt pas comme le saule,
    Fourmi portant le monde sur tes épaules.

    Maisons châteaux,
    Murs de sable, murs de vent,
    Souffle de l'avenir nous soulevant
    Comme une feuille d'arbre pourrissant,
    Jaune et dorée sous le soleil couchant
    Comme un chien qui s'est tût
    Et toi que deviens-tu?
    Je te demande:
    Et toi que deviens-tu?

    Maisons châteaux,
    Murs de sable, murs de vent,
    Cristal taillé plus pur que le diamant
    Qui devient sous nos doigts
    Sable tout simplement,
    Sable dans nos paupières
    Nous endormant,
    Comme un film s'arrête.
    Et toi que deviens-tu?
    Je te demande:
    Et toi que deviens-tu?

     

    Manset

    "et toi que deviens tu?" fait partie de l'album: "lumières"

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    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=OQ7dnwBU2-khttp://

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  • un vrai jour de chance

     

     

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    L'imaginaire, c'est comme un dernier refuge dans la montagne quand on sait que la nuit tombe, qu'il va faire froid et qu'il faut trouver un abri.

    C'est comme une force face à l'ennui de tous les autres, aux images rabâchées par tous ces écrans vides.

    Construire un feu pour se réchauffer l'âme et partir au bout du monde se perdre dans toutes ces langues inconnues, voir comment ils taillent le bois et la pierre là-bas et si les arbres parlent vraiment à ceux qui sont morts...

    Il nous vient du fond des âges une sensation d'intense créativité, renvoyant notre époque à sa fonction de plus en plus évidente de limitation de l'imaginaire.

    Pour moi l'exercice de la sculpture représente l'une des seules contrées où la liberté intellectuelle puisse s'exprimer. (chacun trouvera son « pays idéal » et fera ses exercices comme il veut.)

     

    les matériaux, les techniques, les savoirs faire n'ont pas tellement d'importance finalement.

    Il y a une force en chacun de nous, certains arrivent à l'exprimer.

    Un jour de chance ce serait de rencontrer au détour d'un chemin toutes les possibilités cachées au fond de nous...ce serait un vrai jour de chance....

     

     

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    à Hué dans la citadelle en 2012...

    dans la cité pourpre interdite.

     pour mieux comprendre

     

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    ah ! au fait Hué se situe au Vietnam très près du fameux 17eme parallèle...

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