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  • la force des arbres...

    Quand on parle de sculpture et du matériau bois, on entend souvent le terme : sculpture sur bois.

    En fait dans ce cas là, on sculpte un morceau d'arbre coupé, un ancien arbre en quelque sorte.

    D'ailleurs on ne sculpte pas sur du bois mais dans du bois, dans un arbre anciennement vivant et non sur un arbre, ce qui serait périlleux...

    Le travail du bois pose un problème récurrent surtout dans nos sociétés organisées : il est facile à mettre en œuvre, nous disposons de matériel de plus en plus performant et pourtant pour beaucoup il paraît difficile de tailler, de « rentrer », dans un morceau de bois même si l'on sait « travailler » ce matériau.

    Ce n'est peut être pas qu'un matériau... Je pense qu'il nous reste à acquérir l'instinct, l'esprit du bois …et peut être aussi un peu le sens des volumes...

    Parfois un sculpteur qui veut faire « plier » le bois à ses caprices oublie que l'arbre est toujours présent dans son ouvrage en devenir.

    Bien souvent le métier appris encombre la tête de l’ouvrier. Il y a donc des règles...qui ne demandent qu'à être détournées...ou du moins à être apprises puis « oubliées ».

    Baselitz a tout de suite « attaquer » le bois sans se soucier du métier de sculpteur sur bois et d'ailleurs ses œuvres ont une force incroyable et donnent une impression de liberté vécue par l'artiste bien que celui-ci ne respecte pas tellement l'arbre dans le matériau qu'il met en œuvre...

    Brancusi, bien sur, a changé la manière de construire une sculpture tout en respectant les matériaux employés…

     

    Dans l'imaginaire de beaucoup de regardeurs il faudrait faire oublier les défauts du bois pour ne garder que sa beauté, sa chaleur naturelle... c'est un rêve de société édulcorée(du nord ou du sud...) autrement dit, c'est un peu le « syndrome de la cuisine équipée » dans les années 80 puisqu’ aujourd’hui le bois ne fait presque plus partie des matériaux utilisés dans l'ameublement.

    par ailleurs, d'autres observateurs aiment que le bois ait une apparence brute...c'est une sorte de réaction à « la cuisine équipée », à cet univers lisse que nous sommes en train de créer dans notre quotidien et ce, un peu partout sur la planète.

     

    Entre le brut « apprêté » et le lisse un peu trop propre y a t il une une autre voie ?

    peut on concilier les deux ? Par exemple avec ce « guérisseur d'âmes » :

     

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    les bois sont du cèdre rouge poli et du châtaignier brut, l'un planté dans l'autre, le bout de caillou c'est du marbre de Sarancolin (mais pour la pierre c'est une autre histoire)

     

    s'il « guérit les âmes » c'est peut être que le personnage représenté appartient à une civilisation du beau (sans avoir besoin de la situer dans le temps), et que pour rester le plus proche du noyau dur de chacun d'entre nous ce personnage a besoin de la force brute de l'arbre.

    C'est l'arbre qui l'aide à tenir en équilibre le caillou sur sa tête ( ce qui n'est pas si facile...) de cet équilibre dépend l'étayage des âmes en détresse parce que coupées du monde, si loin des arbres...

    (cette image est un peu vieille: la plaque qui sert de socle a été remplacée par un morceau de bois brut)

     

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    Depuis le début, c'est l'énergie de l'arbre qui m’intéresse...

    Couper un arbre, observer ce qui reste sans les racines, sans les branches, sans les feuilles...

    Tout cela est parti en fumée ou dans la terre...

    On a encore coupé un arbre...et la cruauté et la cupidité humaine est sans nulle autre pareille...

     

    C'est aussi l'histoire de cette sculpture : « le dernier voyage »

     

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     Dans ce cas précis c'est juste une grosse branche coupée parce que gênante...l'arbre, un acacia est toujours vivant...sans sa branche, qui elle-même a perdu ses branchettes et ses feuilles... elle poussait presque horizontalement et menaçait le toit d'une maison.

    Je l'ai « verticalisée »pour me servir de son énergie, de la force de l’arbre.

    Je le vois souvent cet acacia et je me félicite d'avoir insisté pour ne pas le couper entièrement. J'ai proposé l'émondage des branches qui gênaient et j'ai aussi sauvé cette grosse branche qui devait être réduite en bûches pour le feu.

    Un arbre de plus, un arbre de moins...il faudrait faire le compte des arbres que j'ai plantés, ceux que j'ai coupés, ceux que j'ai sauvés en les taillant plutôt qu'en les coupant au pied. Peut être pour leur laisser une chance de se développer autrement.

     

    La force de l'arbre c'est peut être ce personnage qui s'extirpe d'un socle, ce socle là, c'est la base de l'humain, une plaque de fer pentagonale assurant la stabilité de la sculpture. Et pourtant j'ai cru bon de rajouter un autre socle :quelques morceaux de merisier sauvés du tas de bois à brûler...justement à brûler... c'est peut être une sorte de bûcher d'où l'idée du dernier voyage... il ne restait qu'à rajouter à cet humain essayant d'exister un bras qui appelle ou qui salue, c'est selon et une tête anonyme, car c'est assurément chacun de nous voyageant dans la vie, dans le temps...Peut être...rien n'est sur...bien sur...

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  • Wyatt ...bien sur...

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  • réparations

     

    Job + peinture.JPG

     

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