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  • le sens...

    depuis toujours se sentir seul, se retrouver sur un espace restreint sans aucun passage comme si la marée allait tout recouvrir et qu'il faut courir pour ne pas perdre le peu d'espoir qu'il nous reste...

    ne pas faire attention à la façon dont on nous assassine....avec le mépris de la censure...vouloir inventer un monde accessible où l'on puise encore de l’espérance et c'est la fatalité humaine liée à sa condition, enfermée dans ses traditions, c'est elle qui revient toujours à l'ordre du jour...

    l'ordre du jour, il est abstrait, sans consistance, fait des ravages dans toutes ces humanités friables ....

    Il est trop facile de s'en tirer en disant que l'humain ne vaut rien...qu'on ne m'y reprendra plus...

    C'est un cinéma ouvert à tous les temps cette humanité, parfois il y a du pop-corn et des glaces et parfois la lampe électrique de l'ouvreuse n'indique pas vraiment le chemin...

    Dans la nature: l'ordre et le désordre, violents...c'est vivant...ça n'a l'air de rien mais la compétition fait rage ...

    et moi, rêvant béatement à des mondes juxtaposables avec portes battantes style western, de ces portes qu'on installait dans les toilettes des boites de jazz à une époque...

    Tout se fracasse dans mes godasses...

    Je dois bien croire en l'humain un petit peu, puisque je vais au bout du monde pour voir de quoi il retourne...là bas ...

    Ce qui manque ici, c'est le sourire...et il y a tous ces désirs morts relayés par une technologie efficace.

    Nous serons des technolo-gisant appliqués...des artistes résignés...j'en connais quelque uns sur la voie de l'infernal succès...ils sont épris de lucidité factice...ils polissent une idée jusqu’à l'usure, jusqu'à voir la trame du sac...ce sac dont nous ne sortons jamais....

    la reconnaissance des autres, les tapis déroulés, les sourires figés...

    le spectacle du monde me terrorise au point d'avoir peur de me perdre dans ce dédale épuisant...

    Le voyage ne sert à rien si nous devons tous faire le même ....

     

    écrit dans la nuit ...n'importe laquelle...à trois heures quinze précises...

     

    vous avez le choix (on l'a toujours, n'est ce pas ?) entre deux versions de la chanson de Dominique A.

     

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  • "j'ai posé ma vieille peau quelque part dans l'étendue du sommeil" ....chronique japonaise par Nicolas Bouvier...

    extrait du "cahier gris"dans "chronique japonaise" de Nicolas Bouvier, l'auteur de "l'usage du monde" ....

    "Comme je m'en revenais vers la maison, le spectacle à l'épicerie d'une grosse mouche noire faisant toilette sur une éclatante pyramide d’œufs frais m'a soudain rempli d'une gaité inexplicable. Sentiment que j'allais moi même sortir de l’œuf.

    Je suis allé boire du saké chez les deux Coréennes qui tiennent entre les escaliers de Shimogamo et les sureaux du petit cimetière un bar grand comme un buffet normand.

    La fille et la mère: des visages de Sioux, des peux mates et parfaites tendues sur de fortes pommettes, des yeux d'obsidienne impertinents et gais, des dents superbes. Toutes deux l'allure de magiciennes ou de renardes réincarnées. Ce matin, la tête un peu dolente et l'esprit clair.

    J'ai posé ma vieille peau quelque part dans l'étendue du sommeil.

    La nouvelle est encore douloureuse et fragile mais il y aura certainement moyen de vivre à l'aise quelques années dans cette peau-là; l'autre n'allait vraiment plus. J 'ai trouvé sur la table du déjeuner une aquarelle encore humide représentant trois kakis: Éliane s'est remise à peindre. Excellent signe. Comme je souhaite qu'elle se fasse à ce pays que j'ai tant aimé. Il pleut à verse sur les feuilles neuves, la lumière change à chaque instant. Le ciel est comme une éponge lumineuse qu'une grande main presse et relâche. cette nuit j'ai vu en rêve toute l'histoire japonaise alignée comme une suite d'images d’Épinal aux couleurs acides, avec ici et là un gros plan sur un figurant, sur un visage stupéfait ou contrit. A peu près ce qu'un enfant verrait dans une lanterne magique."

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  • le rituel du feu...

    dire l’étrangeté de ce monde
    la simplicité des pieds nus sur la terre
    l’envergure du feu de ces gestes rituels vers le monde de l’intérieur de moi-même
    ce qu’il y a bien tapi dans mon ventre au plus profond viscéralement inquiétant
    mon cerveau s’alimente de mon activité rituelle et non l’inverse n’en déplaise à la science
    je sais que ce que je dis n’existe pas et j’en éprouve du bonheur
    l’extase d’être comme à Walden et partir au loin vers l’inexistant
    ne plus souffrir de la modestie maladive
    débarrasser l’humilité secondaire dans l’acte de survivre
    il n’est question que de ça survivre nous croyons vivre et nous ne sommes que rituels
    vers ma quatre vingt dix septième année je résoudrai la théorie de mes contraires 
    j’en ai bien l’intention
    même si vivre pose des choix existentiels je finirai par comprendre la terre 
    grâce à mes pieds nus dans le feu
    je n’aurai plus peur de savoir que ma survie est la seule vie acceptable
    et la culture une tentative désespérée de sourire en espérant provoquer une onde de chaleur sur un visage dont l’humanité me traverse la mémoire
    de ne rien risquer nous crèverons de survivre
    enfin nous éprouverons la joie immense de ne plus nous interroger sur cette vie

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    ces photos ont été prises avec un Bronica 6x6 en pose B ....

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